
Adrien Bilal : le brillant économiste français qui bouleverse la science du climat 11
Introduction
Imaginez un économiste de 35 ans qui parvient à démontrer que le coût réel du réchauffement climatique est six fois supérieur à ce que les experts croyaient jusqu’ici. C’est exactement ce qu’a accompli Adrien Bilal, jeune professeur français à l’Université Stanford. En 2026, il reçoit le Prix du meilleur jeune économiste décerné par Le Monde et le Cercle des économistes. Un prix qui couronne dix ans de travail acharné et de recherches qui dérangent autant qu’elles éclairent.
Si vous vous intéressez à l’économie du climat, à la macroéconomie, ou tout simplement à la trajectoire d’un chercheur français exceptionnel, cet article est fait pour vous. Vous allez découvrir qui est vraiment Adrien Bilal, ce que ses recherches changent concrètement dans notre compréhension du changement climatique, et pourquoi ses conclusions font aujourd’hui l’objet de débats dans les plus grandes universités du monde.

Qui est Adrien Bilal ? Un parcours académique exceptionnel
De Polytechnique à Stanford, une trajectoire sans faute
Adrien Bilal naît en 1990. Il grandit dans un environnement où la rigueur intellectuelle est une valeur centrale. Dès ses études supérieures, il se distingue. Il intègre l’École Polytechnique, l’une des institutions les plus sélectives de France, et en sort major de la promotion X2010. Ce n’est pas un détail : être major à Polytechnique signifie qu’on domine une cohorte déjà constituée des meilleurs esprits scientifiques du pays.
Après Polytechnique, il rejoint la Paris School of Economics pour se spécialiser. Il y affine sa compréhension de la théorie économique et développe un goût prononcé pour les questions à la frontière de plusieurs disciplines. Puis vient Princeton, l’une des universités les plus réputées au monde, où il obtient son doctorat en économie en 2020.
Son parcours post-doctorat est tout aussi impressionnant. Il rejoint l’Université de Chicago comme Saieh Family Fellow. Ensuite, il devient professeur assistant à Harvard. Puis il part pour Stanford, où il enseigne aujourd’hui au département d’économie. Il est également membre du Stanford Institute for Economic Policy Research (SIEPR) et professeur associé en sciences sociales de l’environnement.
Ce parcours transatlantique illustre une réalité : Adrien Bilal fait partie de cette génération de chercheurs français qui s’imposent dans les meilleures universités mondiales.
Un profil résolument interdisciplinaire
Ce qui distingue Adrien Bilal des économistes classiques, c’est son refus des frontières disciplinaires. Ses recherches se situent à l’intersection de plusieurs champs. Il travaille en macroéconomie, en économie du climat, en économie spatiale et en économie du travail. Cette approche plurielle lui permet de poser des questions que d’autres chercheurs n’osent pas ou ne peuvent pas poser.
Il s’intéresse particulièrement à trois grandes questions :
- Quel est le vrai coût économique du changement climatique sur la croissance mondiale ?
- Comment les anticipations des entreprises et des ménages façonnent-elles les impacts climatiques futurs ?
- Quelles politiques publiques permettent de concilier transition énergétique et maintien de la croissance ?
Les recherches d’Adrien Bilal : des résultats qui font trembler les certitudes
La grande étude qui a tout changé
En mai 2024, Adrien Bilal publie avec Diego Känzig, de la Northwestern University, un document de travail intitulé The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global vs. Local Temperature. Ce papier fait l’effet d’une bombe dans la communauté académique.
La méthode est innovante. Là où les études précédentes mesurent l’impact du changement climatique à partir de variations de température locales, Bilal et Känzig utilisent la température globale. Ce changement de perspective est fondamental. La température globale est fortement corrélée aux événements climatiques extrêmes. Les températures locales, en revanche, n’en capturent qu’une partie.
Le résultat est saisissant. Les approches traditionnelles estimaient qu’un réchauffement permanent de 1 °C réduisait le PIB mondial de 1 à 3 %. Les deux chercheurs montrent qu’en réalité, ce même réchauffement entraînerait une perte de PIB mondial de 12 à 23 % selon les versions du modèle. Autrement dit, les dommages économiques du changement climatique sont six fois plus importants que ce que l’on pensait.
Le coût social du carbone révisé à la hausse
L’une des implications les plus concrètes de ce travail concerne le coût social du carbone. C’est le chiffre qui indique combien coûte à la société l’émission d’une tonne de CO₂ dans l’atmosphère. Ce chiffre est crucial car il sert de référence pour calibrer les politiques climatiques, les taxes carbone et les accords internationaux.
Avant les travaux de Bilal et Känzig, les estimations les plus répandues situaient ce coût entre 100 et 178 dollars par tonne. Leurs résultats indiquent un coût social du carbone dépassant 1 200 dollars par tonne. En septembre 2025, une mise à jour du modèle porte même ce chiffre à 1 500 dollars par tonne.
Ce n’est pas une simple variation statistique. C’est une rupture. Un coût social du carbone à 1 500 dollars par tonne justifie des politiques climatiques bien plus ambitieuses que celles actuellement en place. Il rend économiquement rentable, pour de grandes économies comme les États-Unis, de décarboner unilatéralement, sans attendre un accord mondial.
Une perte de bien-être de 30 % dans les scénarios de référence
Au-delà du PIB, les chercheurs calculent la perte de bien-être en valeur présente dans un scénario de réchauffement classique. Ils obtiennent une perte supérieure à 30 %. Pour donner une idée de l’ampleur, le journal suisse Neue Zürcher Zeitung compare cet effet à la Grande Dépression des années 1930, à la différence que la crise climatique, elle, durera des siècles.
Quand Diego Känzig a vu le résultat pour la première fois, il a déclaré : « We were shocked. » Cette réaction en dit long sur la nature de la découverte.
Anticipating Climate Change Across the US
Un autre travail important d’Adrien Bilal porte sur la façon dont les acteurs économiques anticipent le changement climatique aux États-Unis. Il montre que les anticipations jouent un rôle déterminant dans la formation des impacts économiques futurs. L’investissement, la localisation des entreprises, les décisions immobilières : tout cela est façonné par les attentes climatiques. Ignorer ce canal d’anticipation, c’est sous-estimer l’ampleur des bouleversements à venir.
Un guide de référence sur macroéconomie et climat
En 2025, Adrien Bilal cosigne avec James H. Stock, professeur à Harvard, un document de référence intitulé A Guide to Macroeconomics and Climate Change, publié par le National Bureau of Economic Research. Ce travail synthétise l’état des connaissances sur trois grands thèmes : les pertes et dommages liés au changement climatique, la transition énergétique et ses effets macroéconomiques, et les stratégies d’adaptation économique face aux événements extrêmes. Ce guide est désormais une référence incontournable pour les chercheurs et les décideurs publics du monde entier.
Le Prix du meilleur jeune économiste 2026 : une reconnaissance méritée
Un prix qui compte vraiment
Le Prix du meilleur jeune économiste est décerné chaque année par Le Monde et le Cercle des économistes. Il existe depuis 2000 et récompense un économiste français de moins de 41 ans. Cette 27e édition attire 56 candidatures. Parmi les finalistes figurent Lucas Chancel (Sciences Po), Maxime Menuet (Université Côte d’Azur) et Mathilde Muñoz (Université de Californie à Berkeley). Le jury choisit Adrien Bilal.
Le jury salue « l’originalité, la rigueur et l’impact international » de ses travaux. Ces trois mots résument parfaitement ce qui fait la force d’Adrien Bilal. Il ne se contente pas de reproduire les méthodes existantes. Il les questionne, les réinvente, et produit des résultats qui forcent la communauté académique à revoir ses certitudes.
Une reconnaissance internationale déjà bien établie
Avant ce prix, Adrien Bilal accumule déjà plusieurs distinctions. En 2024, il reçoit le Prix d’excellence en affaires économiques mondiales (Excellence Award in Global Economic Affairs) du Kiel Institute for the World Economy. Ce prix, décerné pour ses travaux en économie spatiale et en économie du climat, s’accompagne d’une nomination comme research fellow de l’institut. Ses articles paraissent dans les revues les plus prestigieuses du monde académique, notamment le Quarterly Journal of Economics et Econometrica.

Pourquoi les travaux d’Adrien Bilal sont-ils si importants pour vous ?
Ils changent le cadre du débat climatique
Jusqu’ici, le débat sur les politiques climatiques tournait souvent autour d’un argument économique simple : agir coûte cher aujourd’hui. Les estimations traditionnelles donnaient en effet l’impression que les dommages climatiques futurs étaient certes réels, mais limités. Face à ce constat, beaucoup concluaient qu’il valait mieux attendre de meilleures technologies avant de s’engager vraiment.
Les travaux d’Adrien Bilal renversent complètement ce raisonnement. Si un réchauffement de 1 °C coûte 20 % du PIB mondial, alors ne pas agir est économiquement catastrophique. L’inaction devient la décision la plus coûteuse, et non la plus raisonnable.
Ils apportent des bases solides aux décisions de politique publique
Les gouvernements, les banques centrales et les institutions internationales utilisent des modèles économiques pour calibrer leurs politiques. Si ces modèles sous-estiment massivement les dommages climatiques, alors les politiques qu’ils inspirent sont, elles aussi, insuffisantes. En corrigeant les estimations de base, Adrien Bilal fournit un outil plus fiable pour penser les politiques climatiques à venir.
Ils ouvrent de nouvelles pistes de recherche
Le travail de Bilal et Känzig suscite un vif intérêt dans la communauté académique. Il est présenté dans des conférences majeures, notamment la Harvard Macroeconomics of Climate Change Conference en 2024. Il pousse d’autres chercheurs à questionner leurs propres méthodes et à explorer de nouvelles façons de mesurer les interactions entre climat et économie.
Ce que la méthode d’Adrien Bilal nous apprend sur la recherche économique
Changer de niveau d’analyse change tout
La grande leçon méthodologique de ses recherches est simple mais puissante. La manière dont vous mesurez un phénomène détermine ce que vous trouvez. Les études précédentes travaillaient au niveau local. Elles mesuraient comment une vague de chaleur locale affecte l’économie locale. C’est utile, mais incomplet.
Le changement climatique est un phénomène global. Il affecte les chaînes d’approvisionnement mondiales, les flux migratoires, la productivité agricole à l’échelle planétaire, la fréquence des événements climatiques extrêmes dans toutes les régions. Une analyse locale ne peut pas capturer ces effets systémiques. C’est pourquoi la température globale est un meilleur indicateur pour mesurer les effets macroéconomiques du changement climatique.
La rigueur mathématique au service de grandes questions
Adrien Bilal a été formé à la fois en mathématiques et en physique à Polytechnique, puis en économie à Princeton. Cette double formation lui permet d’utiliser des outils quantitatifs très sophistiqués tout en gardant un ancrage empirique solide. Ses modèles ne sont pas de simples abstractions théoriques. Ils sont calibrés sur des données réelles et produisent des résultats vérifiables.
Les prochains défis de la recherche d’Adrien Bilal
Ses travaux actuels portent notamment sur deux grands axes. Le premier concerne les effets du changement climatique sur la croissance économique de long terme. Le second explore le lien entre réchauffement climatique et mortalité. Ces deux sujets sont au cœur des débats sur l’adaptation climatique et sur les inégalités que le changement climatique va générer entre pays riches et pays pauvres.
Il travaille aussi sur les effets de la sous-traitance sur les inégalités de revenus, un sujet qui croise économie du travail et économie spatiale. Cette capacité à naviguer entre des sujets très différents tout en maintenant une qualité de rigueur analytique constante est l’une de ses marques de fabrique.
Conclusion
Adrien Bilal n’est pas seulement un économiste brillant. Il est l’un de ceux qui redéfinissent les contours d’un champ entier de recherche. Ses travaux sur le coût macroéconomique du changement climatique, couronnés par le Prix du meilleur jeune économiste 2026, bouleversent des décennies d’estimations. Ils montrent que le monde économique et le monde climatique sont bien plus intimement liés qu’on ne le croyait, et que l’inaction a un prix bien plus élevé que l’action.
Si ses recherches vous ont interpellé, c’est peut-être le bon moment pour approfondir votre compréhension de l’économie du climat. La question n’est plus de savoir si le réchauffement aura des conséquences économiques : elle est de savoir si nos outils d’analyse et nos politiques publiques sont à la hauteur du défi. Et grâce à des chercheurs comme Adrien Bilal, on commence à mieux mesurer l’ampleur de ce défi.
Avez-vous déjà entendu parler de l’économie du climat avant de lire cet article ? Partagez votre point de vue en commentaire : pensez-vous que ces nouvelles estimations vont enfin faire bouger les lignes politiques ?

FAQ : Questions fréquentes sur Adrien Bilal
1. Qui est Adrien Bilal ? Adrien Bilal est un économiste français né en 1990. Il est professeur assistant à l’Université Stanford. Il est spécialisé en macroéconomie, économie du climat, économie spatiale et économie du travail.
2. Quel prix Adrien Bilal a-t-il reçu en 2026 ? Il a reçu le Prix du meilleur jeune économiste 2026, décerné conjointement par Le Monde et le Cercle des économistes. Ce prix récompense un économiste français de moins de 41 ans.
3. Où Adrien Bilal a-t-il étudié ? Il a étudié à l’École Polytechnique (major de promotion X2010), à la Paris School of Economics, puis a obtenu son doctorat en économie à l’Université Princeton en 2020.
4. Quelle est la principale découverte d’Adrien Bilal sur le changement climatique ? Avec Diego Känzig, il a montré qu’un réchauffement de 1 °C réduit le PIB mondial de 12 à 23 %, soit six fois plus que les estimations précédentes. Le coût social du carbone qu’ils calculent dépasse 1 200 à 1 500 dollars par tonne de CO₂.
5. Pourquoi la méthode d’Adrien Bilal est-elle différente ? Il utilise la température globale comme indicateur, et non la température locale. La température globale capte mieux les événements climatiques extrêmes et les effets systémiques du changement climatique sur l’économie mondiale.
6. Où travaille Adrien Bilal aujourd’hui ? Il est professeur assistant au département d’économie de l’Université Stanford, membre du SIEPR et professeur associé en sciences sociales de l’environnement.
7. Quelles revues publient ses travaux ? Ses articles paraissent dans des revues de premier rang comme le Quarterly Journal of Economics et Econometrica.
8. Adrien Bilal a-t-il d’autres distinctions ? Oui. En 2024, il reçoit le Prix d’excellence en affaires économiques mondiales du Kiel Institute for the World Economy et devient research fellow de cet institut.
9. Qu’est-ce que le coût social du carbone ? C’est le coût que représente pour la société l’émission d’une tonne supplémentaire de CO₂. Il sert à calibrer les politiques climatiques, comme les taxes carbone. Adrien Bilal révise ce chiffre à la hausse de façon radicale.
10. Où trouver les travaux d’Adrien Bilal ? Ses principaux travaux sont disponibles sur le site du NBER (National Bureau of Economic Research) et sur SSRN. Le papier The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global vs. Local Temperature est librement accessible en ligne.
Biographie de l’auteur
Sophie Marchand est journaliste économique et rédactrice spécialisée dans les questions d’économie du développement durable et de politiques publiques. Diplômée de Sciences Po Paris et titulaire d’un master en journalisme économique, elle écrit depuis dix ans sur l’intersection entre science économique et enjeux climatiques. Elle collabore régulièrement avec des revues spécialisées et des médias généralistes pour vulgariser les grandes avancées de la recherche académique en économie.
